"Apprendre à lire, c'est apprendre à se déplacer.
Le monde pleure l'immobilité, et la fixité du ciel.
Le monde pleure les astres immobiles, les corps immobiles.
Les âmes immobiles."
Faire de la politique, c’est quelque chose de merveilleux. De noble. C’est porter des paroles et des voix. C’est faire de la littérature. C’est être du côté du silence. Contre l’injustice sociale. Contre le bourgeois. Contre le notable. Contre l’artiste sur son île. Dans sa prison dorée. Dans sa tour d’ivoire. Contre la culture insulaire d’une île dans une île. Contre l’îlot bourgeois.
Se souvenir pourtant des paroles que l’on prononçait hier, des paroles que l’on avait prononcées, enfant, quand le monde pouvait encore parler et parlait de lui-même. Quand le monde existait dans toute sa puissance. Quand les femmes existaient. Quand la parole existait. Quand le corps était ignorant. Quand le corps était ingrat. Quand il n’y avait pas d’État. Quand il y avait seulement la littérature.