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NOS JOURS MEILLEURS


 

L'endroit de la réalité qu'embrasse le regard de l'indécis et qui vous renseigne, comme l'herbe rouge et verte de ce promontoire gris que je piétine, sur ce terrain que je foule aux pieds avec aplomb, dans un endroit qui, à cette heure paraît dominer d'autres endroits, comme l'envers d'une réalité à hauteur de vue, l'endroit de la réalité est aussi, comme tous les points d'observation, le lieu des épreuves réelles, des épreuves de la réalité, le lieu de l'analyse des situations, de toutes les situations, un lieu qui me ramène à la caverne et à l'indécision, aux lieux de l'autre, haut lieu de l'aliénation, un lieu visité parfois par des archéologues, par des personnages comme Pier Paolo Pasolini ou Noam Chomsky, ou par d'autres personnages plus contemporains comme Naomi Klein mais aussi par d'innombrables fantômes en exil qui, à cette heure, hantent ce promontoire et "les tombeaux de la bruyante mer" (Edgar Allan Poe)... La réalité du lien qui peut exister entre les choses n'est pas un sujet de discussion. L'heure n'est ni aux raisonnables, ni à la raison. La réalité n'est pas le sujet. Elle est la matière du sujet.

 

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Il n'y a pas d'esprit scientifique : il y a l'esprit. Le rêve-réalité de l'homme "librement en équilibre dans l'espace" d'Albert Einstein est le rêve-réalité d'Arthur Rimbaud. Le désarroi de Max Planck devant la matière et l'esprit est le désarroi de Sémion Sémionovitch Medvedenko, instituteur de son état. Ce qui est hors du commun est encore un commun. Ici et maintenant.

 

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L'homme actuel est l'unité-reflet de lui-même, dieu unique en soi devant le nombre, devant le nombre en exil. Il est l'écran de veille d'un monde qui, lui, n'a jamais cessé de vouloir exister dans toute sa puissance. Peu importe pour nous que la réalité augmentée puisse s'écrire et se décrire aisément. Notre homme se tient à l'écart, à l'abri du monde, en dehors du lieu commun. Il ne disparaît pas. Il s'évanouit. Comme le héros d'une fiction sans action héroïque. Sa parole et son chant sont aujourd'hui sans espace. Sans espace public. Comme aux premiers temps de la société historique. La vie est mutante. Le monde est mutique. Par épisodes, seulement. S'extraire alors, s'échapper, traduire. Retourner à la parole et aux chants de l'exil.

 

Bruno BISARO

2017, Bruitage* / L'Envers du décor est-il toujours un infâme ? Lieux-Dits 2015-2017 

 

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